Le Club Géneration Startuppeuse 2 ans après ?

Viviane de Beaufort, professeure à l’ESSEC et fondatrice du #ClubGENStartuppeuse

D’une vision à un projet collectif

Après le « Génération #startuppeuse ou la nouvelle ère », (Eyrolles 2017[1]https://www.eyrolles.com/Entreprise/Livre/generation-startuppeuse-9782212562880), active sur l’entrepreneuriat au féminin depuis des années, j’ai souhaité répondre à un besoin exprimé par des #startuppeuses rencontrées, dont ma fille Marine, avec qui j’échange souvent à ce sujet .
Leur perception est que confrontées à des obstacles invisibles liées au modèle masculin dominant, elles sont souvent obligées de sur prouver la valeur de leur projet et leur capacité de faire. Ce sentiment d’injustice crée de vrais blocages et explique nombre de renoncements. Elles soulignent le fait que nombre d’accompagnateurs dans les structures n’ont pas compris leur génération: ni la quête de sens qui les guident, ni la puissance du numérique, ni l’usage des réseaux sociaux pour créer une collectivité solidaire autour du projet…

Si elles sont Insuffisamment accompagnées tout particulièrement sur les projets à impact qui ne relèvent ni tout à fait de l’ESS, ni de la TECH, alors qu’elles tentent d’inventer un modèle de business à partir d’une innovation sociale et environnementale, d’usage ou/et de service, en utilisant les modifications du consumérisme et des modes de vie, à partir du digital et en mode collectif… Cet entredeux « lost in the city », elles risquent fort de renoncer. Et ce gâchis de talents humains et économique est insupportable.

Le numérique et le jeu collectif sont des outils puissants pour créer de la VA,

Lancer le #ClubGENStartuppeuse en pro bono semblait une évidence mais constitue un défi !

Comment le relever ?https://youtu.be/Vk5LfJ8qZAQ- Pourquoi – comment le Club Génération #Startuppeuse

  1. Un Club numérique

Sur @Wirate, leader français du « Crowdrating »  (www.wirate.co) a été lancé, le 6 mars 2017, un Club qui décline l’expertise au féminin [2]pour accueillir des projets innovants et à impact #TECh4Good portés par de #startuppeuses (ou en mixte) . Il avait pour objectif de permettre aux créatrices (toutes jeunes pousses en phase de création ou crées entre 0 et 5 ans) de se retrouver dans un espace préférentiel pour échanger sur leurs projets, coopter des compétences, voire trouver des membres de leur advisory board, des soutiens et pourquoi pas des investisseurs. L’accompagnement est individualisé et bénévole (ou avec des partenaires à conditions préférentielles) et toujours bienveillant (une Charte d’engagement et de bienveillance cadre nos actions à toutes). A ce jour 230 expert/es autour de 42 projets). De nouveaux outils de suivi ont été mis au point pour permettre un meilleur matching et un reporting plus régulier. Un groupe LinkedIn privé, un site de ressources open et un blog aident chacune dans leur progression en e-learning, questions/réponses, partage d’expériences annonces des concours, prix, sélection des incubateurs, initiaves des BA et des fonds à impact, salons, évènements etc.

  • Un club  « in real life »

Puis une dimension “in situ” a été vite développée. Une série mensuelle de rencontres à thèmes, d’ateliers experts, des revues de projets collectives chez des partenaires corporate (Lagardère, Raise, Cardiff, BNPP, AccorHotels, etc) et les réseaux professionnels féminins (PWN, GirlsinTech, etc). Les startuppeuses participent aussi à d’autres évènements en partenariat croisé (ESSEC Ventures, Antropia, Planetic, Empower’Her, La Ruche, FBA…) ou ouverts (Vivatech, Big, salons). Nous les promouvons aussi sur des prix, émission de TV et autres manières de les valoriser 

Après 3 ans d’efforts, le POC est fait et 2019 est la phase d’un déploiement justifiant d’obtenir le statut d’incubateur.

Des call to action aux réseaux proches internes aux entreprises ou externes pour accélérer, un processus de sélection dûment testé , un déploiement pilote à l’international en amorce sur l’Afrique francophone (Women In Africa[3] et Empower’Her, Université Centrale Honoris Tunis ), le Québec avec le Plan B de Sara Folador, le Luxembourg avec Rising Tide Europe et, nombre d’outils  (Newsletter de la communauté , participation à la newsletter mensuelle de WIRATE diffusée à 10 000 personnes ; groupe LinkedIn privé qui accueille de plus en plus d’expert/es et permet de fluidifier les échanges entre les membres) ;

Du coaching des startuppeuses par des coachs professionnelles bénévoles car la dimension personnelle est si importante (ce sont des marathons qu’elles ne courent pas un sprint) ;

Une structuration par secteur pour trouver une entreprise mentor ;

Des contacts avec d’autres incubateurs en ligne avec les valeurs du club ;

Des prises de RDV pour présenter les startups en levée à des fonds à impact (comme Angels square, MIROVA, Women leaders equity fund, etc.) ;

Des liens outre avec les structures internes Essec : ESSEC ventures et Antropia (ESS) des liens nombreux avec des structures d’accompagnement pour travailler en réseau  (Les Premières, Empower’Her, BPW, Féminin Pluriel, PWN Entrepreneurship, etc) …

Le Club a vocation à dépasser le seul cadre de l’ESSEC même s’il s’adosse à l’école.

FOCUS Sur l’épineuse question des fonds d’amorçage

Malgré tout l’aide qu’on peut donner, les conseils et l’accompagnement, même si ces jeunes femmes ont appris à gérer avec frugalité, le développent requiert des capitaux. Et de manière lancinante en France – il y a un désert entre les sommes en love money et issues d’un crowdfunding réussi -de l’ordre de 10 à 50000 E-  et la levée à a 2 millions d’euros . Il faut des tickets (entre 50 KE et 200KE) aux #startuppeuses dont les projets sont assez avancés afin d’aider à la 1ère levée de fonds et faciliter les plus importantes : du vrai Early Stage pour abonder les fonds propres et quasi fonds propres (love money, crowdfunding, subventions BPI, prêts, etc.) pour sécuriser le démarrage. Le développement des BA Women est dans ce cadre une option d’avenir. Le Club travaille ainsi, main dans la main, avec « Ownyourcash » qui se propose de faire de la pédagogie et d’accompagner des femmes vers l’activité de BA.

« Mailleuse » apte à rassembler expert/es de bonne volonté, réseaux engagés sur les femmes et /ou l’innovation et la RSE pour aider  « Nos filles à sauver le monde » !  Vous venez ?!

Interview Forbes, La question qui tue : www.linkedin.com/pulse/la-question-qui-tue-%C3%A0-viviane-de-beaufort-bertrand-jouvenot

Interview de JC Kurdali où j’évoque le Club comme acte de transmission : https://www.jckurdali.org/10-viviane-de-beaufort-la-specialiste-francaise-de-lunion-europeenne-conversations-avec-jck/


[1] https://www.eyrolles.com/Entreprise/Livre/generation-startuppeuse-9782212562880

[2] https://www.wirate.co/fr/clubs/generation-startuppeuse-and-wo-men-experts

[3] https://wia-initiative.com/